Ma vie est une plaine,
Parsemé de bourgeons, de fleurs de la couleur la plus vive à la plus sombre.
Les bourgeons en sont mes mots,
Mes pensées en deviendront les fleurs.
Elles sont écrites le temps d'un éclair,
comme une brulure sur la plaine de ma vie.
A l'image d'Orphée,
Restant aux enfers au coté de sa bien aimée Eurydice.
Statue humaine éphémère,
Mais d'un amour immobile.
Je ne sais point si tu es espoir,
Tes doutes, te faisant jouer ta cassandre.
Voyant l'autre rive,
Où il ne réside ni vilainies, ni méandres.
Tel Éole, tu essaies de changer mon cap,
Essayant de montrer que tes rives ne sont plus que des ruines.
Aux abords de ton rivage,
Je ne descend de mon bateau,
Ne constatant que les esquisses de tes promesses.
Et non encore les preuves, qu'en sont les travaux.
Désirant voir tes étendues,
Je fis le tour de ton île et mouilla au large.
Chaque jour, je regarde le large me demandant quand je remontrais l'ancre.
Le temps et les vivres de la patience me manquant.
Toi, qui fut mon île, mon refuge.
Egalement mes ténèbres, mes aliénations, ma prison...
Par le passé, non propisce à mon amour unique, à notre amour...
Toi qui m'avait remplacé par un autre voyageur en ton sein.
Vas-tu réussir à me montrer que tu décrocheras la lune?
Seras-tu de nouveau le Néron de ma vie?
Jouant de la lyre, au milieu de l'incendie de la ma vie, que tu auras provoqué...
Sur cette mer d'huile, voguant au gré des vagues,
Vas-tu me faire accoster ou me laisser terminer de tourner la page sur notre passé?
Sur ces cendres incandescentes, te battras-tu pour sauver, réanimer, protéger ce feu?
Je ne peux le dire, ne le voyant pas derrière tant paroles, d'hésitations, de doutes, de peurs
Mais mon silence incarnera mon refus.